Couvrir (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

( je couvre, nous couvrons ; je couvrais, nous couvrions ; je couvris ; je ai ; je ais ; je couvre, couvrons ; que je couvre ; que je couvrisse ; couvrant ; couvert ). X e siècle. Du latin classique cooperire, « entièrement ».

I. Garnir, revêtir.

A. En appliquant, en déposant quelque chose.
1. Pour protéger ou orner. Couvrir d'une bâche un véhicule, des marchandises. Couvrir des livres, des cahiers. Couvrir des semis, des plants. Couvrir la table d'une nappe. Couvrir un mur de peinture. Couvrir le feu, mettre de la cendre sur la braise pour la conserver. Couvrir une casserole de son couvercle. Couvrir un plat, pour éviter qu'il ne refroidisse. Couvrir un toit de tuiles, d'ardoises. Couvrir une maison, y poser une toiture. Piscine couverte, marché couvert. Par anal. Une allée couverte, ombragée d'arbres en berceau.

Allée couverte, voir



Clos et couvert, voir . Se dit aussi des personnes. Couvrir un enfant, un malade, le vêtir chaudement. Couvrez-vous, il fait froid. Être bien couvert, trop couvert. Par ext. Couvrir un cheval. Spécialt. En parlant d'un homme. Se , mettre son couvre-chef. Il se couvrit le premier. Restez couvert, je vous prie.
2. Pour cacher. On lui couvrit les yeux d'un bandeau. Pron. Se le visage de ses mains. Fig. Il couvre sous des dehors bourrus une grande gentillesse. Pron. Le vice cherche parfois à se des apparences de la vertu. Spécialt. Couvrir une enchère, enchérir au-dessus de quelqu'un. Couvrir sa marche, la dérober à la vue de l'ennemi. Un bon général doit savoir sa marche. Chemin couvert, voir .


Couvrir son jeu, tenir ses cartes de façon que l'adversaire ne puisse les voir et, fig., aller adroitement à ses fins, cacher ses desseins. Couvrir une carte, jouer à son tour sur la carte de son adversaire ou mettre de l'argent sur sa carte. Cette carte est couverte, vous n'avez plus le droit de la reprendre.

B. En étant appliqué, disposé par-dessus.
1. De manière à protéger, à orner. Un toit de chaume couvrait la maison. Une blouse couvre ses vêtements. Une voiture couverte d'une capote. Avoir la tête couverte d'un casque. Des meubles couverts d'une housse. Une tapisserie couvre les murs.
2. De manière à cacher. Un voile couvrait la statue. Avoir le visage couvert d'un masque. Fig. Cette modestie apparente couvre une grande vanité. Expr. À mots couverts, en termes voilés. . Effacer. Ce crime a été couvert par l'amnistie, on ne peut plus poursuivre son auteur, qui a bénéficié d'une amnistie. Couvrir une fin de non-recevoir, une nullité, faire qu'elle ne puisse plus être opposée. Spécialt. En parlant d'un son, d'un bruit. Dominer par son ampleur, étouffer par sa puissance. Le bruit de l'assemblée couvrit entièrement la voix de l'orateur. L'orchestre couvrait par moments la voix des chanteurs. Ses dernières paroles furent couvertes par des huées.

II. Garnir en grande quantité.
1. En déposant des objets sur quelque chose. Couvrir une table de mets. Couvrir un mur d'affiches. Par anal. et exag. Cette voiture m'a couvert de boue. Fig. Couvrir quelqu'un de compliments, de louanges, de flatteries. Couvrir quelqu'un d'injures. Cette bévue l'a couvert de honte, de confusion. Pron. Se de gloire, de ridicule. Expr. Couvrir d'or quelqu'un, le rémunérer très largement, le faire bénéficier de grandes largesses. Se la tête de cendres, par affliction, contrition, remords. Se de boue, s'avilir par des actions basses, infâmes.
2. En s'étendant uniformément sur quelque chose. Des feuilles mortes couvraient la pelouse. De la poussière couvre ce tableau. La terre est couverte de neige. Les eaux en crue ent en un moment toute la campagne. Des joues couvertes d'un léger duvet. La sueur lui couvrait le front. Par exag. Une contrée couverte de bois et de vignes. Un jardin couvert de fleurs. La mer était couverte de vaisseaux. Il était couvert de poussière, de sang. Pron. Son visage se couvrit de larmes. Les arbres se couvrent de fruits. L'horizon se couvre de nuages et, ellipt., se couvre. Le ciel, le temps se couvre. Le temps est couvert, le ciel est nuageux. Spécialt. En parlant d'un animal mâle. S'accoupler avec la femelle. C'est un cheval anglais qui a couvert cette jument. Cette chienne a été couverte par un épagneul. Faire une vache par le taureau.
3. Avoir pour étendue, pour surface. Cette forêt couvre plusieurs kilomètres carrés. Par ext. Desservir, avoir pour champ d'activités, pour rayon d'action. Ce réseau commercial couvre toute la France. Des services d'autocar couvrent le département. Cet émetteur couvre toute la région. Le radar couvre une zone de trente kilomètres carrés. Par anal. Embrasser une période déterminée. Son ouvrage couvre tout le règne de Louis XIV. Parcourir une distance. Le train a couvert ce trajet en moins de deux heures. Les coureurs ont couvert l'étape en moins de cinq heures.
4. . Couvrir un procès, une rencontre sportive, assurer la relation de ces évènements.

III. Garantir, mettre à l'abri, protéger.
1. En mettant une chose devant une autre pour protéger celle-ci ; en s'interposant entre une personne et ce qui la menace. Couvrir quelqu'un de son corps. Se de son bouclier. Couvrir une troupe pendant l'attaque. Couvrir un éclaireur. Couvrir ses arrières. Couvrir sa retraite, sa fuite, se retirer tout en assurant sa protection. La citadelle couvrait la ville, la défendait. Se d'un bois, d'une colline, d'un cours d'eau, se poster de manière à être protégé et à ne pouvoir être attaqué de ce côté-là.

Se , tenir la pointe de l'épée de son adversaire hors de la ligne du corps
Par anal. Le boxeur se couvre.


Couvrir un train, le protéger par les dispositifs règlementaires d'avertissement, en cas d'immobilisation accidentelle. Fig. Couvrir quelqu'un, un subordonné, assumer la responsabilité de ce qu'il a fait. La lettre qu'il a signée me couvre. Être couvert par l'immunité parlementaire. Ne cherchez pas à le coupable, à le soustraire à la justice. Se d'un grand nom, de l'autorité de quelqu'un. Se d'un prétexte pour mal agir.
2. Garantir contre certains risques déterminés. . Ce contrat vous couvre contre le vol et l'incendie. Être couvert contre les dégâts des eaux. Par méton. Couvrir un risque. Par anal. Nous n'effectuerons cette opération que si la banque nous couvre, nous fournit une garantie.
3. . Balancer, compenser, égaler. Le produit de la recette est à peine suffisant pour les dépenses engagées. Les rentrées de devises n'ont pu le déficit du commerce extérieur. La production de blé couvre les besoins de la population, permet de les satisfaire.


Couvrir un emprunt, une souscription, souscrire la totalité de son montant. Un emprunt couvert en trois jours. La souscription a été couverte trois fois, le public a souscrit une somme trois fois plus forte que celle qui lui était demandée.


Dictionnaire d'Emile Littré




 1   Garantir à l'aide d'une chose qu'on étend ou met sur une autre Couvrir une voiture avec la bâche.
J. J. ROUSS.: « Qu'il voie que tous les hommes portent à peu près le même masque, mais qu'il sache aussi qu'il y a des visages plus beaux que le masque qui les couvre »
    Se , à soi. Elle s'était couvert la tête de son voile.
J. J. ROUSS.: « La jeune fille se mit à pleurer en se couvrant le visage »
    Mettre le couvercle. Couvrir la marmite.
    Garnir d'un toit. Couvrir une maison en ardoises, en tuiles.
    Envelopper. Couvrir un livre. Couvrir un canapé de toile de Perse.
    Terme de jeu de dames. Couvrir une dame, mettre une dame sur celle qui est arrivée à dame.
    Terme de trictrac. Couvrir une dame, mettre sur une flèche une seconde dame pour empêcher que la première ne soit battue.
    Terme de domino. Couvrir un dé, adapter à un dé posé un autre dé qui manque à l'adversaire.
    Terme de jeux de carte. Couvrir une carte, mettre une carte sur une autre. Couvrir une carte, mettre de l'argent dessus. Couvrir un momon, accepter le défi d'un momon (voy. MOMON).
    Par exagération, d'or un tableau, un manuscrit rare, en donner un prix excessif.
    Terme de banque et de bourse. Donner une couverture, offrir des garanties.
    Couvrir le feu, mettre de la cendre dessus pour le conserver.
    Populairement. Couvrir la joue à quelqu'un, lui donner un soufflet.

 2   Couvrir les pauvres, leur donner des vêtements.
    Couvrir quelqu'un, augmenter ses vêtements pour qu'il n'ait pas froid. Cet enfant s'enrhumera, vous ne le couvrez pas assez.
    Couvrir un malade, augmenter ses couvertures, pour qu'il n'ait pas froid ou pour qu'il sue.

 3   Charger, remplir à l'extérieur. Couvrir un habit d'or. Ce cabriolet m'a couvert de boue. Les Anglais ent la mer de leurs vaisseaux.
VOLT.: « Je ai plafonds, voûte, voussure Par cent magots.... »
VOLT.: « Ce fut lui qui voulut que son fils, encore enfant, montât sur l'échafaud et qui lui dit : Soyez couvert de mon sang, et apprenez à mourir pour vos rois »
    Couvrir les bougies, y mettre la dernière couche, en les attachant par la tête au cerceau.
    Couvrir les perles, enduire d'essence d'Orient l'intérieur des perles factices.
    Fig. Couvrir de honte. Cette action le couvrit de honte.
PASC.: « Il ne lui sera pas difficile de de confusion de simples particuliers comme vous et vos jésuites, qui, par un attentat criminel, usurpent l'autorité de l'Église »
BOSSUET: « Son infâme Antinoüs, dont il fit un Dieu, couvre de honte toute sa vie [de l'empereur Adrien] »

 4   Être répandu sur, être étendu sur. Une foule nombreuse couvrait les rues et les places.
LA FONT.: « Quand de tels gens ont vos remparts, Je vous dirai : dormez, poëtes picards ; Devers la Somme on est en assurance ; Devers le Rhin tout va bien pour la France »
RAC.: « Où se peuvent cacher tes saints ? Les pécheurs couvrent la terre »
RAC.: « La rougeur me couvre le visage »
VOLT.: « Tout imita Paris [lors de la St-Barthélemy] ; la mort, sans résistance, Couvrit en un moment la face de la France »
RAYNAL: « Ce sont les vignes qui couvrent principalement les campagnes voisines de la capitale »
D'ALEMB.: « Aucun physicien ne doute aujourd'hui que la mer n'ait couvert une grande partie de la terre habitée »
SÉGUR: « Kutusof, plus confiant dans ses canons que dans ses soldats, ne cherchait à vaincre que de loin ; ses feux couvraient tellement tout le terrain occupé par les Français, que le même boulet qui renversait un homme du premier rang allait tuer sur les dernières voitures les femmes fugitives de Moscou »
    Absolument. On dit qu'une encre couvre, quand elle a une bonne teinte noire sur le papier qu'on imprime.

 5   Interposer une chose comme défense ou rempart. Il le couvrit de son corps.
LA BRUY.: « L'armée qui nous couvrait des ennemis était invincible »
ROLLIN: « La plus grande partie de la cavalerie, bardée de fer, couvrait le front de cette aile droite »
RAYNAL: « Ces forces destinées à les établissements de leur nation, à détruire ceux de leur ennemi, étaient plus que suffisantes pour ce double objet »
MONTESQ.: « Les montagnes de Norvège sont des boulevards admirables qui couvrent de ce vent les pays du Nord »
MONTESQ.: « Elles ont les racines des ardeurs du soleil »
SÉGUR: « En même temps que sur son flanc droit le maréchal se fait un rempart de ces malheureux, il a regagné les bords du Dniéper, dont il couvre son flanc gauche, et il marche entre deux s'avançant ainsi de bois en bois, de plis de terrain en plis de terrain, profitant de toutes les sinuosités, des moindres accidents du sol »
    Terme militaire. Couvrir un siége, empêcher que l'ennemi ne le fasse lever. Couvrir ses derrières, empêcher que l'ennemi ne puisse inquiéter l'arrière-garde ou couper les communications.
    Terme de marine. Un vaisseau en couvre un autre quand il se place, dans un combat, entre ce vaisseau attaqué et l'ennemi.
    Le pavillon couvre la marchandise, c'est-à-dire que, par exemple, un navire de commerce sous pavillon français ne peut être visité par aucun vaisseau de guerre d'une autre nation.
    Fig. Couvrir quelqu'un de sa protection.
DUCIS: « Nous pourrons tous les deux, empressés à lui plaire, Couvrir de nos respects la vieillesse d'un père »

 6   Cacher.
PASC.: « Le voile de la nature qui couvre Dieu »
PASC.: « Toutes choses couvrent quelque mystère ; toutes choses sont des voiles qui couvrent Dieu »
PASC.: « Dieu ne sort du secret de la nature qui le couvre »
PASC.: « Les affections temporelles couvrent les biens spirituels où elles conduisent ; les joies temporelles couvrent les maux éternels qu'elles causent »
PASC.: « Vous le couvrez [le moi], vous ne l'ôtez pas pour cela »
RÉGNIER: « Étant jeune, j'ai su bien user des plaisirs ; Ores j'ai d'autres soins en semblables désirs ; Je veux passer mon temps et le mystère »
CORN.: « Et ce masque trompeur de fausse hardiesse Nous déguise sa crainte et couvre sa faiblesse »
MOL.: « Qui, pour perdre quelqu'un, couvrent insolemment De l'intérêt du ciel leur fier ressentiment »
MOL.: « Couvrons à l'infidèle un vif ressentiment »
SÉV.: « L'amour-propre que l'on couvre du beau nom de l'amour de la vérité »
RAC.: « D'un appareil d'hymen couvrant ce sacrifice »
RAC.: « Je me suis tu cinq ans ; et jusques à ce jour D'un voile d'amitié j'ai couvert mon amour »
FÉN.: « Elle tâchait de sous ces paroles menaçantes la joie de son coeur »
MASS.: « Le feu qu'il porte dans son coeur est couvert sous de viles apparences »
VOLT.: « Le ciel, qui dans mes mains a remis votre enfance, D'une profonde nuit couvre votre naissance »
LEMERC.: « Couvre plutôt ce nom d'un éternel silence »
MONTESQ.: « La loi était presque anéantie ; elle fut couverte par [disparut sous] l'opulence de la cité »
ROLLIN: « Ces exemples nous montrent combien une religion mal entendue, qui couvre du nom respectable de la divinité les plus grands crimes, est capable de faire illusion à l'esprit humain »
VOLT.: « Couvrant leurs intérêts de l'intérêt des cieux »
    Terme militaire. Couvrir sa marche, la cacher, la dérober à l'ennemi.
    Par extension.
BUFF.: « Ils [les chats] savent leur marche, dissimuler leur dessein »
    Fig. Couvrir sa marche, cacher sa conduite, ses démarches, ses vues, etc.
LA FONT.: « Tantôt couvrant sa marche et ses finesses »
    Couvrir son jeu, tenir les cartes que l'on a en main, de manière qu'elles ne soient pas vues des autres joueurs ; et fig. cacher ses intentions, ses actions.
RETZ: « Il faut avouer que M. le cardinal Mazarin joua et couvrit très bien son jeu en cette rencontre »

 7   Pallier, excuser....
CORN.: « Un adroit mensonge à le forfait »
MOL.: « Ciel ! faut-il que le rang dont on veut tout , De cent sots tous les jours nous oblige à souffrir ! »
RAC.: « Non, vous voulez en vain son attentat »
RAC.: « D'un voile d'équité couvrant mon injustice »
VERTOT: « Sa haute réputation et l'éclat de ses victoires ent ces irrégularités »
DELAV.: « On blâme les faveurs dont vous couvrez leurs crimes »
ROLLIN: « Mais quelles qualités purent jamais les vices qui le rendirent l'objet de la haine de ses sujets ? »
GRESSET: « L'agrément couvre tout, il rend tout légitime ; Aujourd'hui dans le monde on ne connaît qu'un crime, C'est l'ennui.... »

 8   Effacer, réparer, en parlant des fautes, des manquements. Une amnistie a couvert ce délit. Un mariage subséquent couvre le défaut de naissance des enfants.
    Terme de pratique. Couvrir la prescription, l'interrompre. Couvrir une nullité, l'écarter de manière qu'elle ne puisse plus être opposée.
    Couvrir un crime, s'est dit quelquefois dans un sens analogue.

 9   Dominer, étouffer. Le bruit qui se faisait dans l'assemblée couvrait la voix de l'orateur.
V. HUGO: « Il [le poëte] n'a qu'à dire un mot pour nos voix grêles, Comme un char en passant couvre le bruit des ailes De mille moucherons »

 10   Terme de commerce. Suffire à. Le produit de la recette n'a pas couvert les frais.

 11   Couvrir une enchère, enchérir au-dessus de quelqu'un.

 12   En parlant des animaux, s'accoupler avec la femelle.
VOLT.: « Lorsque les brebis étaient couvertes par les mâles »

 13   Se , v. réfl. Se vêtir, s'envelopper. Se d'un manteau.
VOLT.: « La fière Fulvie Se couvre, sans rougir, d'un vil déguisement »
    Mettre un vêtement qui garantisse du froid. Il fait froid, il faut se davantage.
    Fig. Se d'un sac mouillé, apporter de méchantes excuses.
    Se de diamants, s'en parer avec profusion.
    Fig. Se des apparences, du manteau de la vertu, cacher ses vices sous des apparences d'honnêteté.

 14   Mettre sur sa tête quelque chose qui coiffe.
RAC.: « Venez du diadème à leurs yeux vous »
    Absolument. Mettre son chapeau. Couvrez-vous, monsieur.
SAINT-FOIX: « Henri IV, à l'audience qu'il donna à Dom Pèdre de Tolède, le 3 juillet 1608, dit aux maréchaux de France et aux ducs de se , voyant que cet ambassadeur entrait et s'avançait sans se dé »
    Fig. Se de lauriers, remporter d'éclatantes victoires.
RAC.: « Assez d'autres viendront à mes ordres soumis Se des lauriers qui vous furent promis »

 15   Être rempli. La place se couvrit de curieux. Voyez comme son visage se couvre d'une rougeur subite. La terre se couvre de verdure.
VOLT.: « Ses sept collines Se couvrent à vos yeux de meurtres, de ruines »
FÉN.: « Ses yeux se ent à l'instant d'un épais nuage semblable à celui de la mort »
    Avec ellipse du pronom se.
VOLT.: « Le héros, à ce discours flatteur, Sentit son front d'une noble rougeur »
    Se du sang de quelqu'un, le tuer ou le faire tuer.
    Fig. Se de gloire. Se de honte. Se de boue, s'avilir par des bassesses.
VOLT.: « L'accepter [la vie], ce serait me d'infamie »
    Le ciel, le temps se couvre de nuages, ou, absolument, le ciel, le temps se couvre, des nuages s'étendent sur le ciel.
MOL.: « Allons, rentrons ici ; j'ai changé de pensée ; et puis le temps se couvre un peu »
    Fig. L'horizon se couvre, il survient des obstacles, des circonstances difficiles.

 16   Terme de guerre. Se d'un bois, d'un retranchement, d'une rivière, s'en faire un abri contre l'ennemi.
BOSSUET: « On remarquera dans le campement de Chatenoy l'éminence qu'occupa ce grand capitaine et le ruisseau dont il se couvrit sous le canon du retranchement de Selestadt »
    Terme d'escrime. Se , tenir la pointe de l'épée de son adversaire hors de la ligne du corps. Se de son épée, manier si adroitement son épée qu'on défende contre les coups toutes les parties de son corps.
    Par extension, se défendre, se protéger.
CORN.: « Ils leur laissent à peine au bout de dix années, Pour se de nous, l'ombre des Pyrénées »
BOSSUET: « Ceux qui se couvraient de l'autorité de la loi civile »
BOILEAU: « En vain vous vous couvrez des vertus de vos pères »
    Absolument, au trictrac, se , placer une seconde dame sur une flèche qui n'en avait qu'une.

 16   Se de, se cacher sous.
PASC.: « Il [Jésus] s'est encore plus caché en se couvrant de l'humanité »
PASC.: « Le désir de vaincre est si naturel, que, quand il se couvre du désir de faire triompher la vérité, on prend souvent l'un pour l'autre »

HISTORIQUE
    XIème siècle
     Ch. de Rol. XXXIV: Qui fut cuvert d'un paile alexandrin
     ib. LXXXIV: Cuvert en sont li val et les montagnes
    XIIème siècle
     Ronc. p. 55: Et son cheval [il] fait enseler et covrir
     Liber psalm. p. 227: Al segnor chi covre le ciel de nues e aprested à la terre pluvie
     Couci, XX: Ou cil qui aint [aime] du cuer à son pooir Et ne s'en sait mie très bien [cacher]
     ib. XVI: [Au temps] Que bois et prés sont de mainte semblance, Vert et vermeil, couvert d'erbe et de flor
QUESNES: « Ä icel jour [vous] serez tuit mal bailli, Se sa pitié [de Dieu] ne cuevre sa puissance »
     Liber psalm. p. 88: E covrit confusiun la meie face
     Th. le mart. 75: Reis esteit, e evesques voleit estre altresi ; Deus s'en est coreciez, de liepre le covri
     Rois, 353: E tutes lur funteines estuperez ; et tuz lur champs de pierres cuverez
    XIIIème siècle
     Berte, IX: [Rue qui] ne fust toute couverte de dras très richement
     ib. XIII: Au lit au roi Pepin [elle] fait sa fille [mettre sous les couvertures]
     ib. XXXV: [Il] n'i ot fors [que] buissonciaus où du vent [elle] s'est couverte
     ib. XCIII: Comment le peuvent-il avoir ainsi couvert [caché le meurtre] ?
     Chr. de Rains, p. 13: Et la damoisiele fu renvoiie dechà mer, et arriva en Pontiu ; et là, couvri son grant pieché, et ne s'osoit demonstrer au roi Felippe son frere
     la Rose, 7859: compainz, compainz, ce doivent querre Cil qui sunt en aperte guerre ; Mès MaleBouche est trop couvers, Il n'est mie anemis ouvers
     ib. 2841: En ung destor fu li cuivers [perfide] D'erbes et de fuelles couvers, Por ceus espier et sorprendre Qu'il voit as roses la main tendre
     Lai de l'ombre: La joie del retor lui cuevre Le pensé dont il est en doute
     Lai d'Ignaur: Sens est perdus qui est couvers [caché]
     la Rose, 8712: Mais la fame si bien se cuevre, Ne ja n'i sera descouverte, Devant qu'ele soit espousée
     Ass. de J. I, 165: Coment et de quei les chevaus deivent estre covers
BEAUMANOIR: « Et après, quant li commun veut avoir conte, il se queuvrent qu'il ont conté li uns à l'autre »
     Hist. litt. t. XXIII, p. 749: Quant [je] voi ces oisiaus esjoïr Por la douçor de la saison, Lors [je] chant por ma dolor covrir
JOINV.: « Pour sa desloyauté, et pour geter le blasme sur le calife de la prise de la ville »
JOINV.: « Et quant ce vient après la Saint Remy, les sept rivieres s'espandent par le païs et cuevrent les terres pleinnes [les plaines] »
JOINV.: « Toute sa gent qui estoient mal armées, il les envoia par une valée couverte »
    XIVème siècle
DE LABORDE: « Le gouvernement des princes françois [titre d'un livre], couvert de cuir blanc à queue »
    XVème siècle
FROISS.: « Et jà estoient les tables couvertes en la chambre mesme ; adonc demanda il l'eau pour laver »
FROISS.: « Par ma foi, respondirent aucuns, sire, malement pouvons-nous savoir, car les Anglois sont couverts quelle chose ils feront ni où ils se trairont »
FROISS.: « Ils [les brigands] espioient une bonne ville ou un bon chastel ; et puis s'assembloient vingt ou trente brigands, et s'en aloient tant de jour que de nuit, par voies couvertes, que ils entroient en celle ville droit sur le point du jour »
     Bouciq. III, ch. 18: Il doubtoit plus la guerre couverte que la guerre ouverte
COMM.: « Les raisons que sçauroye alleguer en ceste matiere ne sçauroyent la faute de foy et d'honneur que le duc commist »
LOUIS XI: « Beau souper fut en haste couvert et servi »
LOUIS XI: « Lors, un d'entre eux couvrit la table et mit le banquet dessus »
     ib. XXX: Elles se bouterent en une chambre au plus près où elles avoient fait chacune son lit, LOUIS XI
     Perceforest, t. I, f° 29: Bien viengne le roi Perceforest qui a garanty et couvert le mauvais pays de ceste forest
    XVIème siècle
CALVIN: « Haine esmeut contention, mais charité couvre toutes iniquitez »
MONT.: « Couvert de sang et de playes »
MONT.: « Se des maulx et inconvenients qui nous menacent »
MONT.: « Aller la teste couverte »
MONT.: « Ils alloient à la guerre obscurement couverts et sans atour imperial »
AMYOT: « Il ne leur avoit jamais dit de qui ilz estoient filz, sinon en parolles couvertes »
AMYOT: « Il y proceda par voye couverte »
AMYOT: « Ilz faisoient leurs chiennes et leurs juments par les plus beaux chiens et les meilleurs estalons qu'ilz pouvoient recouvrer »
AMYOT: « Ilz se cachoient durant le jour en quelques lieux couverts, là où ilz se reposoient »
AMYOT: « L'on dit que les perdrix s'engressent à leurs femelles »
PALISSY: « Je couvray tous les lopins desdits pots desdites drogues couchées avec le pinceau »
D'AUB.: « Monsieur, cependant qu'on a pour vous donner un mauvais soupper, voulez-vous faire un tour d'allée ? »
D'AUB.: « Il valoit mieux confesser une faute en grammaire, que de la par des blasphemes »
D'AUB.: « Un gentil-homme bien couvert s'arresta devant la boutique d'un orphevre »
D'AUB.: « Un cabinet de livres couverts bien proprement »
D'AUB.: « D'Aubigné s'estoit jetté au devant de lui pour le de son corps et empecher qu'il ne lui mesavint »
D'AUB.: « Cosseins arresta ceux qui estoient sortis, avec nombre de noblesse et gens couverts »
PARÉ: « L'air nebuleux, couvert et humide »
O. DE SERRES: « Voire s'en treuve [des vins] de si tardifs, que jamais ne peuvent venir rouges ne couvers [chargés, colorés], quoiqu'on les tienne un mois dans la cuve »
RONS.: « Ô que mal-aisement l'ambition se couvre ! »
COTGRAVE: « Le feu plus couvert est le plus ardent »
     Nuits de Straparole, t. II, p. 14, dans LACURNE: Retournerent en la salle où l'on commençoit desjà à [à servir], et se mirent à table
OUDIN: « Couvrir la joue [souffleter] »

ÉTYMOLOGIE
    Berry, covrir ; bourgnig. côvre ; picard, coeuvrir ; saintong. chuvrir ; wallon, covrî ; rouchi, couver ; provenç. cobrir, cubrir ; espagn. cubrir ; ital. coprire ; du latin cooperire, de co, pour cum, et operire, .

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE COUVRIR. Ajoutez :

 18   Semer.
LA FONT.: « Quel grain veux-tu répandre dans ces lieux ? Le manant dit : Monseigneur, pour le mieux, Je crois qu'il faut les de touselle, Car c'est un grain qui vient fort aisément »


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


("Je couvre, tu couvres, il couvre; nous couvrons, vous couvrez, ils couvrent. Je couvrais. Je couvris. J'ai couvert. Je ai. Couvre. Que je couvre. Que je couvrisse. Couvrant.") Mettre une chose sur une autre pour la cacher, la conserver, l'orner, etc. "Couvrir une statue, un tableau. Couvrir une maison. Couvrir de terre les racines d'un arbre. Couvrir un plat. Couvrir un pot. Couvrir de chaume, de tuile, d'ardoise. Couvrir une charrette, un bateau, etc. Ce parapluie est assez grand pour trois personnes. Couvrir d'or, d'argent. Couvrir de cuir une malle, un coffre. Couvrir un livre de parchemin, de vélin, de veau. Couvrir des chaises de toile, de serge, etc. Se la tête, le visage." On le dit aussi Des choses avec lesquelles on en couvre d'autres. "Le voile qui couvre ce tableau, cette statue. On enleva la terre qui couvrait le cercueil." Il s'emploie souvent avec le pronom personnel. "Se d'un manteau."
"Couvrir un malade," Augmenter le nombre des couvertures, pour le garantir du froid, ou pour lui procurer une sueur.
"Couvrir le feu," Mettre de la cendre dessus pour le conserver.
"Couvrir une carte," Mettre une carte sur une autre; ou Mettre de l'argent sur sa carte.
Fig. et par exagérat., "Couvrir d'or un domaine, un tableau," En offrir un prix excessif.
Pop., "Couvrir la joue à quelqu'un," Lui donner un soufflet. "S'il me soutient cela, je lui ai la joue."
Prov. et fig., "Se d'un sac mouillé," Se servir d'une excuse vaine, qui aggrave la faute plutôt que de la diminuer.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Revêtir. "Couvrir les pauvres. Les vêtements qui le couvrent." On l'emploie également, dans ce sens, avec le pronom personnel. "Se d'un habillement modeste. Cette femme est si pauvre, qu'elle n'a pas de quoi se . Il faut avoir soin de se bien en hiver."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



avec le pronom personnel, signifie aussi, Mettre son chapeau sur sa tête. "Il se couvrit le premier. Couvrez-vous, monsieur. Un ambassadeur, un grand d'Espagne se couvre, a le droit de se devant le roi."



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie encore, Mettre une chose en grande quantité sur une autre. "Couvrir un habit d'or, d'argent, de clinquant, de broderie. Couvrir la mer de vaisseaux. Couvrir la campagne de soldats, de morts. Couvrir une table de louis d'or. Couvrir une table de mets. Il vint un boulet de canon qui le couvrit de terre. Ce cabriolet m'a couvert de boue." On l'emploie aussi avec le pronom personnel. "Se de diamants, de pierreries."
Il se dit aussi figurément, dans le sens qui précède. "Son discours fut couvert d'applaudissements. Il fut couvert de risées, de huées. Couvrir quelqu'un de honte, d'opprobre, d'infamie. Je le ai de confusion. Cette action le couvrit de gloire." On l'emploie souvent avec le pronom personnel. "Se d'opprobre, d'infamie. Se de crimes. Se de gloire."
Fig., "Se de lauriers," Remporter des victoires, une grande victoire.
Fig., "Se de bous," S'avilir par des actions basses, infâmes, tomber dans le dernier mépris.
Fig., "Se du sang de quelqu'un," Tuer ou faire tuer quelqu'un. Cette phrase ne se dit que D'une action criminelle.



5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit pareillement Des choses qui s'étendent, qui se répandent sur d'autres. "Les eaux débordées ent en un moment toute la campagne. Une rougeur subite couvrit son visage. D'épaisses ténèbres ent ses yeux. Ces ruines couvrent un espace de plusieurs lieues. Une foule immense couvrait la place publique. Enlevez la poussière qui couvre ce tableau. La pâleur qui couvrait son visage. Une lèpre hideuse couvrait tout son corps." On l'emploie également avec le pronom personnel, dans le sens passif. "La terre se couvre de verdure. Son front se couvrit d'une aimable rougeur. Mes yeux se ent d'un nuage."
"Le ciel, le temps se couvre, l'horizon se couvre," Il se brouille, s'obscurcit par des nuages. "Le temps commence à se ."
Fig., "L'horizon se couvre," Il survient des obstacles; des événements sinistres se préparent.



6ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie en outre figurément, Cacher, dissimuler. "Il sait bien ses desseins. Il couvre bien son jeu. Il sait bien ses défauts. Il couvre sa passion. Cette modestie apparente couvre une grande vanité." On l'emploie aussi avec le pronom personnel. "Le vice cherche quelquefois à se des apparences de la vertu."
En termes de Guerre, "Couvrir sa marche," Cacher sa marche, la dérober à l'ennemi. "Un bon général doit savoir sa marche."
Fig., "Couvrir sa marche," Cacher ses desseins, aller adroitement à ses fins.



7ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie également, Excuser, faire pardonner, pallier. "On pourrait sa faute, en disant que... Quelques beautés ne sauraient les nombreux défauts de cet ouvrage." On dit dans un sens analogue, avec le pronom personnel, "Se d'un prétexte."
"Ce crime a été couvert par l'amnistie," On ne peut plus en poursuivre l'auteur, parce qu'il a été amnistié.



8ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie encore, Garantir, mettre à l'abri. "Couvrir de gabions ceux qui travaillent à une tranchée. Il s'élança, et le couvrit de son corps." On l'emploie aussi, dans ce sens, avec le pronom personnel. "Se de son bouclier."
Il se dit quelquefois figurément. "Couvrir quelqu'un de sa protection, de sa faveur. Se d'un grand nom, d'un vain titre. Le pavillon couvre la marchandise."
Par extension, "Se de son épée," Se servir assez adroitement de son épée pour mettre à couvert et défendre à la fois toutes les parties de son corps.
Absol., au Trictrac, "Se ," Placer une seconde dame sur une flèche qui n'en avait qu'une.



9ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie particulièrement, en termes de Guerre, Protéger, défendre. "La citadelle couvre la ville. Un corps de trente mille hommes couvrait nos frontières de ce côté."
Avec le pron. person., "Se d'un bois, d'une colline, d'une éminence, d'un marais, etc.," Se poster près d'un bois, d'un marais, etc., en sorte qu'on ne puisse être attaqué que difficilement de ce côté-là.
"Couvrir un siége," Empêcher que l'ennemi ne vienne mettre obstacle à la continuation d'un siége.



10ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi D'un son ou d'un bruit qui en domine un autre, et ne permet pas de l'entendre ou de le distinguer. "Le bruit qui se faisait dans l'assemblée couvrit entièrement la voix de l'orateur. L'orchestre couvre la voix des chanteurs. Le fracas du tonnerre couvrait le bruit de la cataracte."



11ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit quelquefois, au figuré, De ce qui indemnise des frais, des dépenses qu'on a faites dans quelque entreprise. "Le produit de la recette est à peine suffisant pour les frais."
En Jurispr., "Couvrir la prescription," L'interrompre. On dit aussi, "Couvrir la péremption, une fin de non-recevoir, une nullité," Faire qu'elle ne puisse plus être opposée. On a dit quelquefois, dans un sens analogue, "Couvrir un crime."
"Couvrir une enchère," Enchérir au-dessus de quelqu'un.



12ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit encore Des animaux qui s'accouplent avec leurs femelles. "C'est un cheval anglais qui a couvert cette jument, cette cavale. Cette chienne a été couverte d'un épagneul, par un épagneul. Il faut faire cette jument."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Verbe 

["Kou-vri".] Je "coûvre", je "couvris", j'ai "couvert", je "couvrirai", "couvrirais"; que je "coûvre", je "couvrisse", etc. Les autres temps n'ont point de dificultés. "Couvrir", c'est, 1°. mettre une chôse sur une aûtre pour la cacher, la conserver, l'orner, etc. Il a la prép. "de" pour 2d régime. "Couvrir une" maison "de" chaûme, "de" tuile, "d'"ardoise; " un" habit "d'"or, "d'"argent; "un" livre "de" parchemin, "de" velin, "de" veau. "Se de" son manteau.
- Figurément, " de" honte, "d'"oprobre, "d' "ignominie: 'Il "s'est couvert de" gloire et "d'"honeur. '"Couvrez-moi de" votre protection. 'On "couvre de" la fierté, des défauts et des faiblesses que la fierté trahit et manifeste elle-même. "Massillon". = Il s'emploie aussi avec le seul régime direct (l'acusatif.) "Couvrir une" statûe, "une" maison, bien " un" malade; " le" feu, etc.
- 2°. "Mettre" en grande quantité "sur".... "Couvrir la" campagne "de" morts, la table "de" pistoles; 'Un boulet de canon "le couvrit de" terre: il "était couvert de" sang et "de" poussière.
- 3°. Cacher, dissimuler. '"Couvrir son" jeu, "ses" desseins. "Couvrir sa" faûte, "se d'un" prétexte, "d'une" excûse: comment pourra-t-il " une" telle démarche? "De" quel prétexte, "de" quelle excûse pourra-t-il " un" procédé si odieux? = En termes de guerre, (cacher) "sa marche". Au "figuré", cacher ses desseins, aler adroitement à ses fins. 'Il sait " sa marche".
- 4°. Il se dit des animaux, qui s'acouplent avec les femelles. 'Il faut faire " cette" cavale. 'Cette chiène "a été couverte d'un" épagneul, ou encôre mieux "par un" épagneul.
- 5°. "Se ", mettre son chapeau sur sa tête. "Couvrez-vous", Monsieur. 'Il "se coûvre" devant le Roi. = On dit, que le ciel, que le temps "se coûvre", pour dire, qu'il se brouille, qu'il s'obscurcit par des nuages; et qu'il est "couvert", quand il est brouillé et obscur.
- 6°~. "Couvrir" une carte, mettre de l'argent dessus. "Couvrir" une enchérir, enrichir au-dessus de quelqu'un. = 7°. "Être couvert", régit la prép. "de". 'Il "est couvert de" plaies, "de" honte, "de" gloire. Elle "étoit" toute "couverte d'"or et "d'"argent. Voyez COUVERT.
   On dit, "proverbialement", qu'un homme "se tient clos et couvert", pour dire, qu'il ne se hasarde guère, "ou" qu'il se comunique à peu de gens.




Emplacement dans le dictionnaire :

couvre-joint
couvre-lit
couvre-lumière
couvre-nuque
couvre-pied
couvre-plat
couvre-platine
couvre-shako
couvreur

covalence
covenant
coüenne
coüillon
crabe
crabier
crabotage
crac
crac !
crachat
craché




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Jean MORÉAS (Les Stances)

...t'étends, nuit, secrète nuit, en mon être ! 5e LIVRE (VII) Pendant que je médite, agitant les pensées où le noir destin m'a rivé, j'entends le bruit du vent dans les feuilles blessées qui viennent couvrir le pavé. Déjà sur les rameaux, abusés du zéphire, tu passes, automne fumeux, et je m'évanouis dans le tendre délire de mon coeur dépouillé comme eux. 5e LIVRE (VIII) Belle, vivant tes jours filés...


Citation n°2 de Pierre LOTI (Pêcheur d'Islande)

...plus matériels, plus menaçants de détruire, que rendait l'eau tourmentée, grésillant comme sur des braises... toujours cela grossissait. Et, malgré leur allure de fuite, la mer commençait à les couvrir, à les manger comme ils disaient : d'abord des embruns fouettant de l'arrière, puis de l'eau à paquets, lancée avec une force à tout briser. Les lames se faisaient toujours plus hautes, plus...


Citation n°3 de Louis HÉMON (Maria Chapdelaine)

...le printemps ; mais ils trouvent quelque bonne raison pour s'en aller ensemble dans le bois ; il marche à côté d'elle sans la toucher ni rien lui dire, à travers le bois de charme qui commence à se couvrir de fleurs roses, et rien que le voisinage est assez pour leur mettre à tous deux un peu de fièvre aux tempes et leur pincer le coeur. Maintenant ils se sont assis sur un arbre tombé, et voici qu'il...


Citation n°4 de René BOYLESVE (La Leçon d'amour dans un parc)

...Elle se crut une très grande coupable, ayant mérité une éternité de supplices, tant par son inconduite particulière que pour avoir favorisé dans sa maison celle de ses hôtes. Ne voulait-elle point couvrir sa fine peau d'un cilice ? N'inaugura-t-elle pas ce régime par le port de torchons rugueux, qui déformaient sa taille et la piquaient comme un essaim d'abeilles ? Elle jeûna, passa des heures en priè...


Citation n°5 de Ernest RENAN (Souvenirs d'enfance et de jeunesse)

...une bûche, l'emmaillotait de chiffons, lui mettait un semblant de bonnet d'enfant, puis passait les jours à dorloter dans ses bras ce poupon fictif, à le bercer, à le serrer contre son sein, à le couvrir de baisers. Quand on le mettait le soir dans un berceau à côté d'elle, elle restait tranquille jusqu'au lendemain. Il y a des instincts pour qui l'apparence suffit et qu'on endort par des fictions....


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